25.3.08
17.3.08
Qui a dit que les enfants sont durs à occuper?
Tout à coup, il me regarde avec sa fameuse p’tite-face-que-t’as-le-goût-de-croquer et il se met à laisser pendre son bras comme un pendule. Puis, il le lève à l’horizontale et le fait aller de droite à gauche, de gauche à droite sans arrêt. Il me lance un coup d’œil exaspéré :
« Maman! Mon bras arrête pas! »
« Arrête pas de quoi? »
« De bouger! »
« Il bouge tout seul? »
« Oui! C’est fatigant là! C’est pas moi qui fais ça là! Ça bouge tout seul! »
Et de soupirer, et de s’esclaffer en laissant toujours le bras « bouger tout seul », de chicaner son bras et de tout tenter pour l’arrêter.
P’tite Face a une imagination folle et je me demande vraiment où ça le mènera et c’est sans compter les histoires qu’il invente au fur et à mesure du récit qu’il m’en fait, toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. En fait, je lui ai, au plus, lu 4 ou 5 fois une histoire en entier depuis qu’il parle, car il ne cesse de m’interrompre et de me contredire, moi je perds patience et je le laisse finir l’histoire lui-même (vous ne voulez pas connaître sa version du petit chaperon rouge).
La pseudo possession de son bras m’a ramenée 1 an ou 2 en arrière, il devait avoir de 2 à 3 ans. Pendant plusieurs mois, P’tite Face conversait avec sa main droite. Il la faisait bouger, parler, je l’ai même surpris à lui donner un câlin et un bisou. SA MAIN DROITE! Voulez-vous bien me dire pourquoi je gaspille mon argent à lui acheter des jouets éducatifs, amusants et résistants? Il nous a même dit, Amoureux en avait mal au ventre, qu’elle était sa meilleure amie.
Mon seul regret : ne pas l’avoir filmé à ce moment-là pour pouvoir lui reposer la question à ses quinze ans.
Encouragements, pressions, et dépressions
Sans fausse modestie, je dois dire que je n’ai pas l’impression de mériter toutes ces félicitations, non pas que je faille à ma tâche, mais justement parce que je ne fais que ce que j’ai à faire. Je n’ai pas particulièrement de mérite à m’occuper de P’tite Face, premièrement parce qu’il est vraiment fantastique, mais simplement aussi parce que je suis une maman comme une autre qui a décidé d’avoir un bébé.
Mazsellan a d’ailleurs mis le doigt sur le bobo lorsqu’il dit que : « ça en prend de la colonne pour soi-même, mais surtout pour supporter le regard des intolérants ».
Moi, mon problème, ce n’est pas d’être toute seule, ce n’est pas d’avoir 24 ans, ce n’est pas d’être monoparentale ou aux études, c’est les autres. Peut-être que j’ai une tête de cochon pis que je suis bornée pis que je veux pas les conseils de personne, peut-être que c’est moi qui exagère. Mais vraiment, d’avoir constamment à me battre pour prouver aux autres que ce n’était pas une mauvaise décision, car décision c’en était une justement, personne ne m’a forcée à garder ce petit bébé-là, je l’ai choisi, d’avoir à leur montrer que je suis aussi compétente qu’une femme de trente ans dans l’éducation de mon garçon, qu’il ne manquera de rien, surtout pas de câlins autant que de remise à l’ordre (grâce à mon regard mortel paralysant), c’est vraiment éreintant moralement.
Je connais le refrain, quand quelqu’un apprend que j’ai un garçon, les questions s’enchaînent, toujours les mêmes, plus ou moins dans le même ordre, « T’as quel âge? Y’ a quel âge? Hein! T’as pas l’air d’une mère (ça, vraiment, ça me fait rire, une mère c’est pas nécessairement une larve humaine, des fois, même à trente ans, ça l’air d’une personne ordinaire, ça peut même être jolie une maman, c’est juste moins attendu)! Et la fameuse : « C’était-tu voulu? » Plus aucune inhibition, les gens me mitraillent sans considération pour mon intimité. Évidemment, je réponds invariablement la même chose, que je suis tombée enceinte par « accident », mais que j’ai bel et bien choisi de le garder et, bien sûr, je comprends la curiosité naturelle des gens, je pose parfois les mêmes questions après tout, par contre, je fais aussi remarquer à mon interlocuteur (tout dépendant de qui il est) que personne ne demande à une femme de trente ans si sa grossesse était voulue…(Qu’est-ce que j’ai contre les femmes de trente ans aujourd’hui?).
Encore samedi, après l’épisode traumatisant au Sears, alors que P’tite Face se faisait couper les cheveux, la coiffeuse, d’environ 50 ans habillée comme une fille de 15 (moi aussi j’ai le droit de penser des choses pas fines), a réussi à lui faire dire quel âge j’avais d’une façon très peu subtile. C’était pas méchant, mais bazouelle que 5 ans plus tard ça me tombe encore sur les nerfs. Et moi, comme une belle greluche, je souris comme une annonce de Colgate et je dis en riant : « Ah! Il se souvient de mon âge! J’étais pas certaine qu’il le saurait! » Et bla-bla-bla.
Vraiment, avec le mini recul que j’ai, je me suis aperçue que les deux premières années de vie de mon fils, alors que je débordais d’enthousiasme vis-à-vis la maternité et que je disais à tout le monde de faire des enfants (moi, qui pensais finir en vieille matante cool et sans attaches), je n’en ai pas profité autant que je l’aurais voulu parce que j’étais sans cesse confrontée aux regards des autres, proches et moins proches, et que j’avais sans arrêt mes preuves à faire.
Dernièrement, je discutais avec Amoureux et nous en sommes venus à la conclusion que pour l’instant, avoir d’autres enfants n’entre pas dans nos projets ni à court, ni à long terme. Dans le fond, je trouve ça désolant, mais je me dis justement que je n’ai aucune envie de retourner au front et de recommencer toutes ces batailles qui sont derrière moi maintenant. Le plus épuisant, ce n’est pas de s’occuper de mon bébé, merde ça dort tout le temps, d’ailleurs le mien était particulièrement angélique (hihi, je sais), c’est les constantes confrontations avec le reste du monde. De toute façon, la guerre n’est pas terminée encore, P’tite Face entre en maternelle en septembre, je me refais des forces durant l’été et je retourne affronter la confrérie des parents standards.
15.3.08
Quoi? Ce petit garçon qui me regarde? Connaîs pas.
J’ai pourtant décidé de porter une plus grande attention à ce qu’il écoutait à la télévision lorsqu’aujourd’hui, au Sears des Galeries d’Anjou, royaume de la p’tite madame pas pressée, alors que passait près de nous un monsieur confiné à un fauteuil roulant électrique, P’tite face s’exclame avec enthousiasme : « J’marche pu, mais j’roule en Tabar****! ».
Comment décrire le sentiment qui m’a envahie à cet instant? Impossible, j’en ai peur.
râlé par
La belle Lurette
à
16:44
rangé avec
dans les dents
11.3.08
Lurette depuis le paradis...
10.3.08
Longue prétention doctrinale, pardonnez-moi
Cette vieille dame aux longs cheveux gris, au maquillage de clown et aux habits dépareillés : trouve-t-elle vraiment son accoutrement beau ou est-elle simplement réellement excentrique? Je me demande si à cet âge je ferai comme elle fi du regard des autres ou bien si simplement elle ne s’en rend pas compte, me rendrai-je compte, moi?
Une femme aux cheveux d’épouvantail (j’y vais fort, mais dans ma tête c’est moins pire), je me dis que ça fait dur. Mais peut-être qu’elle n’a tout simplement pas d’argent pour le coiffeur dispendieux. Je me demande si ma frange coupée par nulle autre que moi-même dernièrement fait le même effet.
Cette autre dame, je l’ai croisé quelques fois, mon Dieu, mais quelle face de beu! Un bon matin, elle croise une amie, elle s’anime, elle parle avec vivacité, passion, humour, je l’écoute tout au long du trajet, fascinée par ses mimiques et ses intonations. Mon regard croise mon reflet dans la vitre, mon Dieu! J’ai donc ben l’air bête quand je ne souris pas!
Je pense que personne n’est à l’abri du jugement des autres, le jugement n’est pas foncièrement méchant, il arrive qu’on juge les gens sur des trucs positifs d’un seul regard, genre « Wow! Il a donc bien l’air sympathique lui! » sans que personne ne s’en formalise. Je crois que le jugement devient un problème quand il est sans appel. Par contre, dès que l'on fait un commentaire critique, on se fait harponner.
J’ai la manie de commenter sur les gens qui m’entourent et souvent ça fait réagir les autres. Le simple fait de constater un trait de caractère particulier chez quelqu’un et de le mentionner fait automatiquement de vous un être borné et méchant incapable de s’ouvrir à la différence d’autrui. On ne peut pas dire : « Unetelle est vraiment susceptible » ou « Chose là, je trouve qu’elle travaille mal » sans que les autres prennent cela aussitôt pour une prise de position contre cette personne et vous réplique brusquement « Ben là! Elle est fine quand même! » Ben oui, elle est fine, ben oui, j’ai du plaisir à lui parler, ben non ça veut pas dire que je l’haïs pis que tout le monde devrait se liguer contre elle dans un boycott sauvage de sa personne. Y’ a des jours où ça m’exaspère plus que d’autre et aujourd’hui, j’avais envie d’en parler.
Moi (suprême Belle Lurette, ma parole vaut de l’or, alors imprégnez-vous), je pense que cette tendance à ne jamais vouloir rien dire sur personne, à moins que ce ne soit positif, dénote une absence d’opinion. Si je veux dire ce que je pense, je dois poser un jugement. Attention, si je concentre mes exemples sur les individus, c’est que c’est définitivement un domaine où les gens sont sensibles, ce n’est pas que j’ai envie de médire de tout un chacun sans arrêt. Est-ce par peur que les autres aient une mauvaise opinion d’eux à leur tour? Je ne sais pas. Mais tout le monde « juge » (le terme est si péjoratif que je grince à l’utiliser, mais je n’en trouve pas d’autre), c’est dans la nature humaine. Comme je le disais tout à l’heure, si le jugement en question résume la personne sur laquelle il est porté et qu’il est inébranlable, ça, c’est un problème. D’un coup d’œil, on a déjà une idée générale de la personne à qui l’on s’adresse, puis au fil du temps ce coup d’œil se précise tout simplement, on a des défauts et des qualités, c’est tout (ça fait un peu Passe-Partout, désolée).
Dernier exemple (qui me démonisera à tout jamais) : je suis tombée enceinte à dix-huit ans, j’en ai maintenant 24 et je ne suis plus avec le père de mon fils depuis trois ans. Profil typique de la pauvre monoparentale. Pourtant, j’ai tout de même poursuivi mes études (il n’a jamais été question du contraire), je travaille pour vivre et je fais une obsession du look de mon fils. Pourquoi cette obsession? Parce qu’il est hors de question qu’il ait l’air d’un enfant pauvre (attention, je ne veux pas dire que je dépense une fortune pour lui acheter du souris-mini, mais que je porte un soin particulier à ce qu’il ait l’air d’un mignon petit garçon bien mis (discrètement, je ne voudrais pas qu’il développe lui aussi une obsession de son apparence)) parce que les gens s’attendent à ce qu’on soit pauvre. Une jeune mère monoperentale, ça reçoit un chèque d'aide sociale pis c'est pas éduqué, c'est une moins que rien. Ça m'enrage.
Le regard que les gens portent sur nous à l’épicerie, au centre d’achats, dans l’autobus en dit long (de moins en moins à mesure qu’il grandit, ça frappe moins). Les gens nous catégorisent, se permette de passer des commentaires désobligeants, voire effrontés que l'on ne penserait pas à faire à une mère de trente ans divorcée, et s’attendent carrément à un certain comportement et façon de penser, genre que je sorte un paquet de cochonneries de mon sac quand P’tite Face me dit qu’il a faim. Mais non, P’tite Face aime particulièrement les canneberges séchées (beurk!). Si je mets autant d’énergie à démolir le préjugé qui naît dans l’esprit des gens lorsqu’ils nous voient, c’est que je les connais ces préjugés.
Quand je vois un petit couple pousser un carrosse au métro, maman à chandail au-dessus du nombril, papa à pantalons jumbo, je pense la même chose que les autres, vous savez, mais je porte en même temps sur moi le même regard (mais je ne porte pas de chandail au-dessus du nombril par contre). N’est-ce pas terrible?
21.2.08
M'accrocher? The word.
Je ne suis pas une fan de hip-hop, que je trouve trop souvent violent et vide de sens. On dirait que certains croient qu'il suffit que ça rime pour que ça ait une quelconque valeur artistique.
Je suis une amoureuse des mots, j'adore la recherche dans l'écriture, j'adore que le résultat final laisse percevoir un certain travail intellectuel. C'est pourquoi j'aime Brassens, Fersen, Desjardins et cie. Les mots à eux-mêmes peuvent avoir l'air d'une chanson et ça me plaît.
Il y a environ deux ans, alors que je ne connaissais que "Libérez-nous des libéraux" que j'avais entendu à la radio une fois ou deux, j'ai vu l'entrevue que le groupe Loco Locass a accordée à Tout le monde en parle et j'ai été plus qu'agréablement surprise. Trois gars intéressant, intelligents, qui savent de quoi ils parlent, engagés et qui jouent au "dictionnaire" dans leurs temps libres. Wow! Qui l'eut cru?
J'ai par la suite porté une attention plus particulière à leurs paroles et j'ai été charmée de la façon dont ils jouent avec les mots et qui, à mon sens, est au départ une base de ce style musical, base qui s'est perdue peu à peu dans la facilité décevante. Loco Locass joue avec les mots, les fait rebondir, les façonne, les transforme et les fait résonner avec agilité.
Je ne suit toutefois pas leur carrière comme une vraie fan, mais ce matin je suis tombée sur ce vidéoclip de leur dernière chanson et qui figure, si je ne m'abuse, au générique du film "Tout est parfait" de Yves Christian Fournier. Évidemment, le sujet très touchant du film et donc de la chanson ne sont pas étranger aux frissons qui m'ont parcourus le corps, mais il faut avouer tout de même qu'une fois de plus, Loco Locass frappe dans le mille et prouve, une fois de plus, son talent hors-pair.
14.2.08
Join the club
Règlements :* Mettre le lien de la personne qui vous tag;* Mettre les règlements sur votre blog;* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même;* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens;* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées
Alors, voilà : BB m’a taguée comme ça, brusquement, sans avertissement. Le temps de me remettre de mes émotions et je vous livre ces révélations fascinantes sur moi-même qui vous emballeront certainement et qui vous donneront envie de me rencontrer comme jamais cela ne vous est arrivé. Respirez quelques bons coups et lancez-vous!
1— Je déteste les pieds (sauf les mignons petits pieds de Cendrillon et ceux de P’tite face jusqu’à environ l’année dernière, maintenant il est trop grand). Je trouve ça laid, les miens surtout, et repoussant. Si quelqu’un me touche le pied par inadvertance (surtout avec ses mains) ou inversement, je frissonne (de dégoût) et frôler mes pieds contre les pieds secs de quelqu’un (même Amoureux), ça m’horripile. Ça me fait l’effet d’ongles sur une ardoise.
2— Bon, celle-là, j’ai hésité, mais une copine que j’ai fortement impressionnée par rapport à ça m’a recommandé de l’inclure dans mes révélations. J’aurai l’air un peu simplette encore, mais bon, j’y vais. J’ai un don du ciel en ce qui concerne ma digestion et mon évacuation. Estomac d’acier, mais surtout, ça me prend moins de temps faire un numéro deux (quelle expression, c’est presque pire que de le dire carrément) qu’un numéro un. Une vraie championne, c’est pratiquement sur commande et je m’en sors sans aucun effort. Je fais caca comme une princesse, voilà, c’est dit. Et je fais des tonnes de jaloux dans mon entourage (vrai).
3— Je ne résiste pas à un morceau de chocolat, on m’achète carrément et je me vends sans aucune honte à quiconque tente sa chance. Je suis un être faible.
4— Depuis une douzaine d’années, j’ai une espèce de maladie mentale (qui rend dingue Amoureux) qui consiste en la recherche acharnée, puis en la séparation de pointes fourchues dans mes cheveux. C’est weird, mais systématiquement, dès que j’ai les cheveux détachés et que je ne suis pas « occupée » je scrute le bout de mes cheveux et je « splite » ceux qui sont cassés. Je dois cette obsession à une publicité de Pantene Pro-V qui montrait un gros plan d’un cheveu cassé. Cela m’a intrigué, je me demandais si une pointe fourchue avait vraiment l’air de ça en vrai. La réponse est oui.
5— Deuxième maladie mentale, que je croyais plus subtile que la précédente : je ne peux m’empêcher de manger la croûte de mes toasts avant le milieu. Eh oui! Je fais le tour de ma toast, de même avec mes sandwichs. Je pensais que cela passait inaperçu jusqu’à ce qu’Amoureux (encore lui ce bourreau), en guise d’argument massue quant à un tout autre débat, me lance : « Pfff! Venant d’une fille qui fait le tour de ses toasts avant de manger le milieu, ça fait pas très sérieux! » Damn! Démasquée!
6— Et finalement, je cultive un fantasme très fort depuis une dizaine d’années qui m’a été inspiré par une pub de Tostitos. Vous savez celle où le type est dans l’autobus, et qu’il pense à la soirée qui l’attend chez des amis…Perdu dans sa rêverie il s’écrie soudain : « On se met tout nu TOUTE LA GANG! » Ben voilà, j’aimerais ça faire ça (pas me mettre tout nu là, mais juste arriver et crier cela en pleine effervescence de party). Quel feeling ce doit être, FREEDOM!
Bon, c’est tout (c’est ben en masse), j’espère que vous reviendrez quand même lire mon blogue.
Pour ce qui est de transmettre le virus, je n’ai trouvé que quatre blogueurs n’ayant pas encore été touchés parmi ma liste, je suis trop anonyme sur les autres blogues que je lis pour me permettre de las taguer. Alors, cela va comme suit : Dharmalde, Prof malgré tout, En saignant et Une peste. J'ai vérifié sommairement vos derniers billets, mais j'espère tout de même ne pas vous re-taguer d'une vieille tague qu'il m'aurait échappé d'avoir lue. Au plaisir!
13.2.08
Douceur immortelle

Quand j'ai vu la nouvelle ce matin, j'ai vu cette partie de mon enfance s'en aller avec un pincement au coeur.
7.2.08
Parce qu'il faut bien appeler un chat un kittycutecatsocool
C’est bon, c’est beau, c’est l’fun, c’est ce que vous voulez, mais je n’arrive tout simplement pas à comprendre l’engouement monstre pour ces petits gâteaux, voire ces muffins stylisés. Car, soyons francs, ce sont des muffins, vulgairement, paf. Tels que les gentilles mamans et les gentilles grands-mamans en préparaient l’amour dans le cœur et la sérénité sur le visage. Certains insisteront sur le fait que la recette suivie est en fait une recette de gâteau divisée en petites portions, c’est l’fun, c’est génial, comment résister. C’EST DES MUFFINS!
Ce qui est pour moi incompréhensible ce n’est pas que l’on aime ces petits gâteaux, c’est, bien entendu, délicieux. Ce que je ne comprends pas, c’est que les gens, particulièrement les gens tendances-dans l’vent-hypes, agissent comme si c’était THE thing to eat en 2008. Comme si on n’avait jamais vu ça un petit gâteau de fantaisie mignon comme tout, comme si c’était révolutionnaire, inédit, IN-CROI-YI-AAA-BLE!
J’en ai mangé, avec plaisir, ça goûtait, hummm, c’est difficile à cerner, mais je dirais que ça goûtait le gâteau. Troublant.
24.1.08
Tendre déclaration
Or, depuis que P’tite face s’exprime, il ne se gêne pas pour me dire que « C’est les fesses à Mamie » (ou Papi ou Papa ou Tantine 1, 2, 3, etc.) selon son caprice affectif du moment. Et de s’ensuivre à chaque fois une discussion enflammée où je stipule finalement avec autorité que « c’est moi qui les a faites, sont à moi ».
Par ailleurs, comme je lave les toilettes dans un hôpital psychiatre où les tabous sont en quelque sorte atténués, les mots « caca moulu » et autres dérivés me viennent souvent au lèvres (au grand désespoir d’Amoureux) et je taquine souvent P’tite face en lui disant qu’il sent le caca moulu parce qu’il n’a pas lavé ses foufounes. Bon. Ça peut paraître bizarre comme ça, mais ça le fait bien rigoler et comme nous parlons beaucoup de caca ensemble, il ne ressent pas le besoin de s’en ouvrir en public à tout moment, me plaçant ainsi dans une situation pour le moins embarrassante (frêle justification).
Donc, cette fin de semaine, P’tite Face, en sa qualité de futur chevalier tueur de dragons, était entrain de s’instruire sur sa future condition en écoutant quelques épisodes de Kaamelott, une émission européenne fort divertissante que je vous conseille ardemment tant les comédiens sont tous plus fantastiques les uns que les autres. Je disais…? Ah, voilà, P’tite face réclame donc ma présence à ses côtés, et je décide d’interrompre mes activités le temps de deux ou trois épisodes (3 minutes chacunes), je m’assois donc à ses côtés. Il se blottit contre moi en me couvrant de la jetée dans laquelle il est enveloppé, il lève ses grands yeux vers moi et déclare : « Sont à toi mes p’tites fesses qui puent ». J’suis restée un peu plus longtemps.
18.1.08
Comment Noël a été bon pour moi et pourquoi je prolonge mon état de farniente au-delà de la période des fêtes.
Alors, j’vous dis pas le super merveilleux temps des fêtes que j’ai passé. Habituellement, si on veut être dans le ton, on dit que Noël, ça nous énerve, qu’on trouve ça faux, que c’est chiant d’être obligé de voir la famille, mais que c’est encore pire de se dire qu’on attend ce moment de l’année pour se voir, etc. et en général, je suis assez bien la vibe, je suis la grincheuse qui voulait voler Noël ou tout simplement ne pas se sentir obligée d’être de bonne humeur parce que c’est la période de l’année où il le faut tout comme le soir de la Saint-Valentin est LE soir de l’année où je dois me sentir amoureuse et horny (en passant, ce mot me fait rigoler). De toute façon, le temps des fêtes, c’est un stress immense, d’un point de vue comme de l’autre, et j’aime pas qu’on me stresse.
Bref, un résumé rapide de ce qui m’a rendu le temps des fêtes doux comme tout :
Le fils de la gardienne de P’tite Face, qui selon une idée de sa mère qui a réduit la valeur des cadeaux de Noël de ses deux fils de moitié cette année afin qu’ils redonnent l’autre moitié de la façon qui leur convenait (presque!) a choisi de nous en faire bénéficier et est débarqué le 23 décembre au matin avec deux gros sacs d’épicerie remplis de nourriture! Je n’en revenais pas (j’savais que je faisais pitié, mais quand même!).
Les reines Élisabeth que ma tante m’a amenés, et qui sont les seuls et uniques reines Élisabeth que je mangerai dans ma vie, alors que ça n’avait pas été possible l’an dernier (2 ans sans reines Élisabeth moelleux, arrrgh! Ouais, je sais, on n’en fait qu’à Noël dans ma famille, va savoir!). Mes amies ne sont plus capables de m’entendre le dire, alors je le dis ici : vous n’avez pas mangé de reines Élisabeth tant que vous n’avez pas mangé ceux de ma tante! Point à la ligne.
Mes beaux-parents qui m’ont acheté lors de leur voyage en Europe au mois de juin dernier une super montre bling-bling Swatch, j’imagine qu’ils savaient que je serais encore dans le coin en décembre! Elle est superbe.
Ma belle-sœur et son copain, qui sont venus passer 10 jours de vacances au Québec (ils résident en Suisse) et qui nous ont fourni chocolats, alcools de toutes sortes, foie gras, caviar et autres délices à volonté durant leur séjour. Grâce à eux, j’ai développé une dépendance à mon petit digestif de fin de soirée qui remplit ma vie de joie et rend les études ô combien plus supportable.
J’ai aussi bénéficié d’une vraie de vraie journée de congé un certain vendredi. Mes cinq jours de travail étaient faits (dimanche au jeudi), mon fils n’était pas là, donc pas d’aller-retour entre la garderie et chez moi, Amoureux travaillait (héhé), je n’avais pas de devoirs, aucuns projets, pas de ménage (bon, j’en ai fait quand même un peu, mais comme c’était volontaire et non contraint, c’était presque agréable), la grosse vie sale.
Avec trois copines de travail, je suis allé me la couler douce au Polar Bear’s club, une sorte de reconstitution d’un spa scandinave, vous savez, ce genre de thérapie corporelle qui consiste en une alternance chaleur extrême vs froid glacial de la rivière? La guide nous a dit que c’était parfait pour se purifier des excès du temps des fêtes…Excès? Je vous ai parlé de ma diète foie gras/porto?
J’ai lu ce que je voulais, quand je le voulais (du Sartre et du Flaubert quand même, déformation professionnelle), à mon rythme, qui était considérablement lent : trois livres en trois semaines… et un Reader’s Digest (ben quoi?).
Et voilà, c’est à peu près ça…Je me remettrai à répondre à vos commentaires qui malgré mon absence de billets, ont été passablement nombreux et je vous promets bientôt la suite et fin (du moins, j’espère) de mon épopée médicale qui semble avoir passionné plus de gens que je ne le croyais…
Je souhaite terminer ce trop long billet en mentionnant que je lis présentement Du côté de chez Swann de Marcel Proust dans le cadre de mon cours de Littérature et psychanalyse et que chaque fois que je lis Swann, mon cerveau le substitut pour Safwan et que c’est très agaçant… Mais rigolo, je me demande ce que Freud en penserait…
19.12.07
Je suis une indésirable
Je ne me l'explique pas, depuis quelques jours, lorsque je tente de partager avec vous, amis bloggeurs, certaines remarques ou réflexions judicieuses, brillantes et toujours à propos que m'auront inspiré vos billets savoureux, mes commentaires refusent d'apparaître en bonne et dûe forme à la suite des autres!
Quelques-uns ont réussi à passer le mur de la censure, mais la majorité se perd dans le néant des mégabits et octets rendant ainsi impossible la communication de mon esprit à celui des auteurs des blogues que je consulte.
Que faire! mon Dieu, que faire! Ce n'est quand même pas la première fois que je fais des commentaires et depuis les difficultés récentes, je suis d'autant plus attentive au processus, surtout lorsque je clique sur "publier commentaire" (non, mais!) ET ÇA NE FONCTIONNE PAS! C'est weird, je comprends E-RIEN, je boude et je dialogue donc dans ma tête avec vous dans l'espoir de vous rejoindre par la force de mon mental télépathique.
13.12.07
Don't tell my heart...
De toute façon, j’ai mis toutes ces considérations de côté le week-end dernier et je me suis lancée sur la piste de danse dans le royaume sacré des danses en ligne : un bar country, mais alors, là, typiquement country. Besoin d’essayer du nouveau, entre copines, surtout de s’éclater. Celles qui en avaient ont sorti leurs bottes de cowgirl, les chemises à carreaux et les ceintures à grosse boucle. Samedi soir, après un bon resto mexicain, down to Chez Réna, sur la rive sud.
Nous étions fascinées. Au début, c’était plus ou moins perceptible, puis en observant bien, le real country fait surface peu à peu. Quelques chapeaux, des franges ici et là…Beaucoup de bottes pointues, des tas de chemises avec un dix-huit roues brodé dans le dos et les petites poches piquantes devant, ouah c’était trop beau pour être vrai. Honnêtement, certaines danses semblaient si compliquées que je n’ai pas osé me lever, les danseurs avaient l’air d’entraîneurs de baseball entrain de communiquer avec leur receveur.
Je passerai outre le coup de foudre qu’a eu un Polonais d’environ 55 ans, qui ne parlait pas français et pas vraiment anglais non plus, pour moi et qui m’a entraîné dans une folle danse qui semblait ne jamais vouloir finir et qui a tenté de me séduire en me tirant fermement par le bras alors que je tentais de sortir de la piste de danse et que mon amie me tirait par le bras de l’autre sens en me disant de venir m’asseoir. On a dû faire intervenir un cow-boy habitué de la place pour qu’il nous laisse tranquille. Que voulez-vous, c’est un des aléas de posséder autant de sex-appeal, on s’habitue et ça donne une chance aux copines de rigoler un bon coup.
Je vous laisse avec ma danse préférée, enfin, celle que j’ai réussi à suivre sans presque me tromper et sans m’endormir (parce qu’on s’entend qu’un continental, c’est long)…
1, 2… 1, 2, 3, 4!
Deux pas à droite, deux pas à gauche, deux pas à droite, deux pas à gauche, oh attention, un tit pas par en avant en diagonale, je reviens vers l’arrière en diagonale à l’envers, je pose mon pied devant, you know, je twiste les jambes pour tourner vers la gauche, et là, mon bout préféré s’en vient, préparez-vous, tape des mains en l’air à gauche, à droite, à gauche, devant, à droite, tape le pied gauche par en arrière avec la main, tape le pied droit par en arrière avec la main, et on recommence! Ouf!!! N’oubliez pas de suivre le beat et déhanchez-vous que diable, déhanchez-vous!
3.12.07
Plaisirs coupables
Mais alors là, je dois dire, il y a une chose... J’ai essayé, mais j’y reviens toujours, l’hiver c’est même pratiquement une fois par jour. J’en sors à l’instant et comme d’habitude, je suis aux anges. Le fameux bain moussant. Je vous jure, j’ai vraiment essayé de m’en passer, l’été ça va pas si mal, mais dès que reviennent les temps froids, je n’y peut rien, je succombe. Chaque pas dans l’air glacial du retour à la maison m’enveloppe de plus belle de cette obsession de chaleur extrême, délicieuse et parfumée qui m’attend à la maison. Quand le froid s’est insinué jusque dans ma cage thoracique et me crispe de l’intérieur, je n’ai rien d’autre en tête que de m’immerger jusqu’au menton avec un bon livre et de profiter de ces minutes égoïstes où je suis complètement seule (si on ne compte pas les vingt-deux fois où P’tite face entre me demander quelque chose, me raconter quelque chose, chercher quelque chose, m’amener quelque chose ou autre quelque chose au choix). Je suis une super fan de LUSH qui comble tous mes sens avec leur truc super géniaux pour le bain, j’ai du plaisir comme une gamine quand j’entre dans un de leur magasin (mais attention au portefeuille, ça peut faire mal) et j’ai une quantité innombrable de bain moussant de toute sorte. JE REFUSE DE DIRE ADIEU À MA BAIGNOIRE!
Ouf, je l’ai dit! Que celui qui ne prend pas son bain me jette une tonne de brique, j’irai panser mes plaies dans un bain d’aloès énergisant à la lavande anti-stress pour gens pressés qui hydrate la peau. J’assume (en cachette un peu quand même…), de plus, maintenant, P’tite face et moi nous baignons dans la même eau (à tour de rôle), sommes-nous si sale, je ne pense pas. C’est mon plusse mieux que je peut faire à ce sujet. Dossier clos, j’expie mes fautes devant vous et je ne m’en tourmente plus après. Enfin, jusqu’à ce qu’on nous rationne l’eau…Ceci est une autre histoire…
30.11.07
Confessions
Vendredi 2 novembre, 16 h 50, (je sais ça fait longtemps, mais j’suis du genre : laissez mariner longtemps avant de commencer la recette, mais une fois que c’est fait : dé-gu-ssss-tez les amis! (scusez-la)).
Donc je disais, 16 h 50, je marche rapidement dans l’air frais et vif de cette fin de journée un peu grise, juste comme je les aime. Je suis d’autant plus de bonne humeur que je trotte vers le quartier chinois pour acheter quelques petits derniers éléments qui viendront compléter mon costume d’Halloween (d’éleveuse de riz, comme certain l’ont stipulé), car j’ai un party costumé le lendemain.
Je le vois de loin. Il est au milieu d’un stationnement vide sur Saint-Laurent. En fait, je l’entends avant de le voir. Il crie, je ne comprends pas ce qu’il dit. Les passants lui jettent tous un coup d’œil excédé. Il crie toujours en gesticulant, les membres désordonnés. Je fais la moue et fronce les sourcils : il est saoul. Je pense à la meilleure façon de maquiller mes yeux pour faire en sorte qu’ils aient l’air bridés.
Je l’entends toujours crier, sa voix est rauque et épaisse, désagréable. Je l’observe du trottoir, il trébuche, les pans de son imper gris volent au vent, il se rattrape, ses doigts ont frôlé le ciment. Plus j’approche plus je crois discerner : « TAXI! » dans son appel. Je ne ralentis pas l’allure, mais peut-être que, en fait, je me dis que l’aide qu’il demande n’est pas excessive. Trouver un taxi, il y a un poste juste au coin de la rue. J’hésite, je tourne la tête pour continuer de le voir. Il me dégoûte, pourtant, il ne semble pas en si mauvais état physique, juste un peu mal en point.
Je crois voir quelqu’un se diriger vers lui, ouf! Quelqu’un s’en occupe! Je me demande si je me remonterai les cheveux en chignon ou si cela sera trop compliqué avec mon chapeau pointu. Ah! Mais non, personne ne va le voir, je continue d’avancer, je l’ai maintenant dépassé, je passe déjà devant quelques épiceries asiatiques et j’aperçois une première boutique où entrer, je m’y engouffre. Enfin, je ne sais ce que j’aurais pu faire.
Le nez dans les paniers de bambou, je me promets d’aller le voir quand je repasserai devant s’il y est toujours. Je n’en ai pas pour longtemps. De magasin en magasin, j’essaie des trucs, je fouine, je m’amuse, ce foutu maquillage m’obsède, je fais quelques allers-retours entre les boutiques, je continue de descendre vers le sud, puis, des paquets plein les mains, j’arrive face au métro Place D’armes. Je suis fatiguée, je me demande un instant si je préfère marcher à nouveau vers le métro Saint-Laurent ou si je préfère transférer à la ligne verte à la station Berri. Je grogne et j’opte pour la correspondance, il est déjà 17 heures 45 et j’ai faim.
À la station Frontenac, ça me frappe. J’ai oublié l’homme du stationnement. Je revois sans cesse son imper voler au vent. Je me blâme pour mon inaction, je revois les dizaines de personnes qui, comme moi, sont passées devant ce stationnement sans même la plus infime intention de répondre à cet appel. Je me dis que j’ai eu raison, que c’était seulement un itinérant de plus, je me dis que j’ai eu tort, que j’aurais pu au moins lui répondre, m’informer avant de poser mon verdict. J’entends maintenant sans cesse l’écho de son appel esseulé dans la multitude.
10.11.07
Divine belle Lurette
Quelqu'un est arrivé sur ce site en tapant les mots-clés: "épopée érotique"...Pfff! C'est l'histoire de ma vie!
râlé par
La belle Lurette
à
14:58
6.11.07
Ma mère, cette menteuse...
Dimanche soir, nous étions en visite chez mes beaux-parents.
Pour dessert, ô joie suprême de P’tite face qui mange habituellement des fruits et des yoplaits à cette étape du repas, nous avons eu droit à un superbe gâteau au chocolat acheté-tout-fait-à-l’épicerie-faque-ça-tombe-sur-le-cœur, parsemé de ravissants et très minces copeaux de chocolat blanc.
P’tite face (pointant les copeaux) : C’est quoi ça?
Moi : C’est du chocolat.
PF : Du chocolat c’est noir.
Super maman : Oui, mais ça c’est du chocolat blanc, ça existe du chocolat blanc.
PF : C’est pas du chocolat.
Moi : Oui, c’est du chocolat blanc, goûtes-en un morceau.
PF (qui prends un copeau, l’air sceptique, et le dépose sur sa langue) : Ça goûte rien! C'est pas du chocolat!
Moi (c’est vrai, ils sont trop minces) : C’est parce que c’est un petit morceau, ça goûte moins, mais c’est vraiment du chocolat blanc.
PF : Non, c’est pas du chocolat, du chocolat c’est noir!
Moi (je commence à m’énerver, non, mais!) : Oui, c’est du chocolat! Du chocolat blanc! Demande à Amoureux, il va te le dire que c’est du chocolat (pour en être rendu là, c’est que vraiment…)
PF (se tournant vers Amoureux et pointant les copeaux) : C’est quoi ça?
Amoureux : C’est des vers de terre.
PF (genre triomphant crampé) : Haha! Tu vois maman! C’est pas du chocolat! C’est des vers de terre! Haha!
Moi : T’aimes mieux croire que c’est des vers de terre que tu vas manger que de croire que c’est du chocolat blanc?!?!
PF (la bouche pleine) : Haha! C’est pas du chocolat, c’est des vers de terre, j’te l’avais dit que c’était pas du chocolat, du chocolat c’est noir!
Et moi, jugeant que le silence était de mise, de m’enfourner une énorme bouchée de gâteau dans la bouche, en me demandant : « quand est-ce que j’ai échoué? »












